Tribune libre

Tribunes & Points de vue

Direction d'hôpital : une affaire trop sérieuse pour être confié aux seules administrations en santé ?


Il y a quelques temps, je racontais à une jeune haut fonctionnaire très investie dans le service à l'État, et d'une parfaite probité, qu'une étude récente (publication décembre Harvard Business Review 2016 : Why The Best Hospitals Are Managed by Doctors) laissait à penser que les hôpitaux dirigés pas les médecins fonctionnaient mieux que lorsque la direction n'était qu'administrative. D'ailleurs les deux meilleurs hôpitaux américains, dont la Mayo Clinic, sont dirigés depuis plus d'un siècle par des médecins. Sa réaction a fusé : "je ne peux pas le croire". Bon cette étude est américaine, et la transposer à la réalité hexagonale demande quelques adaptations, mais...

Une autre publication de 2015 concernant des structures hospitalières anglaises et américaines démontre que la qualité des soins est meilleure lorsque les critères d'évaluation sont cliniques (Tsai et al. Hospital Board And Management Practices Are Strongly Related To Hospital Performance On Clinical Quality Metrics).

Ceci m'a rappelé combien m'avait laissé perplexe une large évaluation de la qualité des scanner et IRM menée sur plus de 250 000 examens au début de l'année 2010, et intitulé "rapport de benchmark". Ce rapport n'avait retenu comme critères de qualité que les délais d'obtention des rendez vous et comptes-rendus d'examen, en faisant totalement abstraction de ce qu'est vraiment la qualité des examens, y compris adaptation du délai à l'urgence de la situation clinique, pertinence des examens réalisés : validité de l’indication, qualité de la réalisation, adaptation des techniques, qualité du compte rendu.

La T2A est un autre avatar critiquable d'évaluation de la qualité des hôpitaux et sans doute délétère.

En pratique, on peut penser qu'il faut sans doute porter un nouveau regard sur le management des hôpitaux. Et sans doute réintégrer les médecins dans la gouvernance des hôpitaux au lieu d'en réduire graduellement la place.


BS - 4/9/2017

 

 

Nous cherchions à identifier ci-dessous les sources de technocratie en médecine.

L'amendement 52 bis (ex n°762) au PFLSS 2017 (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale), proposé et entériné par le gouvernement la semaine dernière (cliquez ici), illustre la responsabilité de l'Assemblée Nationale. Cet amendement permet au Directeur de l’Uncam de moduler (donc en pratique diminuer) sans concertation ni négociation les forfaits techniques associés à des actes d’imagerie. Au mépris de la politique conventionnelle que nous connaissons depuis une cinquantaine d'année. Et cette mesure dévalorise autant les actes réalisés à l'hôpital - ESPIC en particulier - qu'en libéral..


En somme, la variable d'ajustement du budget de la santé est pour part basée sur la dévalorisation du travail des médecins. Ce qui ne saurait qu'être contre-productif voire inflationniste.


Cela étant, le Sénat - en première lecture - propose de suppormer cet amendement (cliquez ici)


Consulter le PFLSS 2017 - dossier de Presse du 23 septembre 2016 : cliquez ici


BS - 07/11/2016 - mise à jour : 13/11/2016

 

 

En lisant le communiqué de presse de la CFE-CGC du 24 octobre 2016, intitulé RESTRUCTURATION DES BRANCHES : écouter les acteurs de terrain et pas les technocrates, seul gage de réussite !, on ne peut que se demander qui sont les technocrates dans le domaines de la santé.


Quelques pistes :


Donnez votre point de vue : cliquez ici (il sera mis en ligne après modération)


BS - 26/10/2016

 

 

Attractivité des carrières hospitalières : des mesures réservées à l'hôpital public !

A la suite de la grève du 26 septembre, Marisol Touraine a annoncé plusieurs mesures le 3 octobre 2016 :

- L'instauration de primes :

* d'engagement (10 à 30 K€ selon spécialité et lieu) destinée aux jeunes praticiens acceptant de s'engager pendant au moins trois ans dans la carrière hospitalière

* d'exercice territorial (si exercice sur plusieurs sites)


- La création d'un deuxième palier de l'indemnité d'engagement de service public exclusif. (700 € pour les praticiens réalisant un service public exclusif depuis au moins 15 ans)


Encore une joyeuse complexité administrative à la française ! (une nouvelle usine à gaz bâtie à la va vite)


La gestion du temps de travail, c'est pour plus tard

 

Cliquez ici pour accéder au préavis de grève SNPHAR-Élargi pour le 14 octobre 2014


Et que propose-t-on du côté de la FEHAP ? (voir la stagnation du point d'indice, déjà souligné ici)



BS - 9/10/2016 - mise à jour 26/10/2016

 

Fondée en 1995 à Londres, l'Agence Européenne des Médicaments (EMA) est une agence de l'Union Européenne dédiée à l'évaluation des produits de santé. Elle est financée par l'UE et l'industrie pharmaceutique, et indirectement par des États membres. Le bureau de l'EMA de la City à Londres (dont le loyer coute 19,4 millions d'euros par an) accueille 840 experts avec un statut de fonctionnaire international.

Après le Brexit, l'EMA devrait être relocalisée. Bien que peu complexe en théorie, ce déménagement risque de prendre du temps, que ce soit les négociations avec les fonctionnaires internationaux et surtout le choix du lieu. Les pays scandinaves sont plus crédibles que la France (voir affaire Médiator). La Suède et le Danemark se sont portés candidats.

Le Royaume-Uni envisagerait de se rapprocher de la FDA (Food and Drug Administration). Avec des inquiétudes des consommateurs en santé concernant l'accès aux médicaments, qui risque de prendre encore plus de retard.


BS - 21/09/2016

 

A lire en ligne - sur le site de Challenges, daté du 5 septembre 2016 - "Le droit à la déconnexion au travail ne va pas assez loin"

Selon ce doit à la déconnexion ( article 55 de la Loi Travail) : au 1er janvier 2017, un salarié peut ne pas répondre aux mails en dehors des heures de bureau.
Cette mesure concerne-t-elle ou non le monde médical ? Hors contrainte de la messagerie électronique, les médecins sont-ils vraiment déconnecté de leur travail, à la seule fin de permettre un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée ? Faut-il inventer une deconnection propre à certaines professions ??


BS - 12/09/2016

 

Selon la lettre de Galilee du mardi 21 juin, la publication d’un rapport sur le temps de travail dans la fonction publique, remis à la ministre de la Fonction publique, Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux, « jette un froid dans un monde en fièvre »: les fonctionnaires travailleraient 15 jours de moins que leurs confrères du privé. Derrière les titres accrocheurs se cache une réalité complexe.

 

L'article évoque un « mikado de la gestion du temps de travail à l’hôpital », car le rapport relève « la complexité des textes qui se superposent dans la réforme du temps de travail. Le décret n°2002-9 du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail et à l’organisation du travail dans la fonction publique hospitalière (FPH) fixe la durée maximale à 1 607 heures de travail par an. Selon une étude de la DREES de 2003, « 80% des établissements avaient signé un accord à l’automne 2002. 36% accordaient 15 jours de RTT et 27% plus de 15 jours alors que seuls 3% appliquaient les 35 heures hebdomadaires sans jour de RTT ». La négociation de ces accords a conduit à brouiller les cartes. « Au final, la prise en compte de la demande sociale, en permettant d’accorder aux agents davantage de temps libre, s’est opérée, dans un premier temps, au détriment des conditions de travail mais également de la logique organisationnelle de l’hôpital » (pp.28-30). C’était déjà la conclusion d’un autre rapport de la DREES sur le sujet en 2003 : « la RTT actuelle a été conduite en fonction d’une logique avant tout sociale, permettant d’accorder aux agents davantage de temps libre, mais au détriment d’une logique professionnelle, qui aurait permis d’éviter un impact défavorable sur les conditions de travail, et sans référence à une logique organisationnelle de fonctionnement de l’hôpital. » (pp.116-117)

 

Le rapport publié cette semaine poursuit : « L’ajout successif de textes parfois disparates, sans stratégie de gestion des ressources humaines et surtout sans cohérence interne, conduit aujourd’hui à une réalité : presqu’aucun cycle de travail ne respecte toutes les règles (repos du dimanche, quatre repos hebdomadaires sur 14 jours, un week-end de repos sur deux, semaine de moins de 44 heures, semaine calendaire ou glissante …). Les gestionnaires sont amenés à faire des choix quant aux règles auxquelles ils doivent déroger, avec par exemple des cycles de plus de 12 semaines ou des semaines glissées de plus de 48 heures. Cette complexité se retrouve aussi dans le code du travail et il serait nécessaire d’envisager à terme une meilleure convergence entre le cadre communautaire et le cadre national. Par exemple certaines règles préexistantes n’ont pas fait l’objet d’une harmonisation avec les autres fonctions publiques : ainsi le temps de repos quotidien minimum est de 12 heures (contre 11 heures en moyenne) et la FPH bénéficie de trois jours de fractionnement hors saison contre deux pour les autres fonctions publiques. »


CS - 26 juin 2016

 


Tiers payant généralisé

 

L'avis de la CFE CGC
La plupart des syndicats généralistes sont favorable à la mise en place du tiers payant. C'est logique dans une optique un peu naïve de consommateur en santé. La CFE CGC a un point de vue plus nuancé. Dans Regards Croisés du 6 mai 2015, Jean François GOMEZ écrit : " Si le débat s'est cristallisé autour de la mesure phare de la généralisation du tiers payant, ouvrant la porte à toutes espèces de revendications parfois fondées, parfois assorties d'assertions trompeuses, où se situent les réponses aux véritables questions ? " et propose de s'intéresser à des points autrement plus importants comme les déserts médicaux, le service hospitalier, et " l'adéquation à l'évolution des techniques et de la performance économique et non sur la complexité des néo-groupements ou des néo-structures dont on perçoit d'ailleurs mal les marges de manœuvre vis à vis des prérogatives des directions d'ARS ".

On lira dans Regards Croisés " du 20 mars 2016 comment la Caisse Nationale d'Assurance Maladie, l'Association des Complémentaires Santé (réunissant les mutuelles, les institutions de prévoyance et les sociétés d'assurances) imaginent la simplicité de mise en place de ce tiers payant…

Les syndicats médicaux sont très réservés, pour le moins. Ainsi quatre des 5 syndicats représentatifs de médecins libéraux (CSMF, FMF, SML et Bloc) ainsi que la CNSD (Confédération Nationale des Syndicats Dentaires), ont décidé de boycotter la réunion interministérielle d'installation du comité de pilotage du tiers-payant, organisée le 15 juin (à son habitude de "cavalier seul", MG France était présent). Ce qui est logique : participer à l'installation revient implicitement à en valider le principe.

 

Qu'en penser ?
Au delà de toute considération solidaire et encore moins corporatiste, nous partageons les réticences du corps médical vis-à-vis de cette mesure, qui ne correspond pas à un besoin flagrant en santé publique et n'apportera sans doute aucune amélioration des soins. On ne saisit pas pourquoi le Ministère de la Santé s'obstine à imposer une mesure aussi largement rejetée par l'ensemble de la profession médicale sinon par dogmatisme et/ou autoritarisme improductif...


BS- 17 juin 2016

 

 

Mission Veran - Rapport d'étape [Ressources : site d'Olivier Veran - consultez le rapport]

 

La citation en exergue dit presque tout. Sauf les dissensions provoquées par l' illusion laissant à penser que certains médecins - certaines spécialités - sont plus louables et/ou profitables que d'autres tout aussi indispensables.

 

Coché également (page 16) : "Des professionnels regrettent que le coût de la T2A n'ait jamais été estimé, incluant la masse, salariale nécessaire au codage/traçage, le temps soignant mobilisé pour le codage, le recours à des prestataires extérieurs, l'achat de systèmes d'information, etc."

 

On doit légitimement exiger que ces coûts soient évalués précisement, puisque cette T2A est destinée en particulier à optimiser les dépenses en santé. Autre souci : les solutions préconisées proposent un surcroît d'administration !


BS - 29 mai 2016

 

 

"La CGT a demandé dès octobre 2015 de réduire le temps de travail hebdomadaire à 32 heures. [Ressources : cgt.fr/Travailler-toutes-travailler-tous.html et cgt.fr/Travailler-toutes-travailler-tous.html#Cinq-arguments-pour-aller-vers-les-32-heures ]


L'argumentaire n'oublie pas de souligner que les "cadres travaillent en moyenne 44 h 30 par semaine (et 46 h 30 pour ceux qui sont au forfait jours)". Et souvent beaucoup plus pour les médecins.

Mais comment imaginer que la mise en application d'une telle mesure, qui limitera la présence des médecins à l'hôpital à quelque 3 jours par semaine (il faut tenir compte de leur indispensable temps de formation continue) ne mette pas à mal le fonctionnement de l'hôpital ! Est-il raisonnable de se priver des compétences durement acquises des médecins au profilt de temps libres et loisirs ?

Revoir à ce propos le communiqué de presse d'avril 2012 consacré à la "Pénurie annoncée de médecins !"

BS - 11 juillet 2016

 

 

Paris, Le 11 mai 2015 : Le SYMHOSPRIV s'associe à la contestation du projet de loi santé de Marisol TOURAINE

Les critiques de la profession portent essentiellement sur trois points :
1. Le Tiers payant généralisé
2. Les conditions de participation au service public pour les structures libérales
3. Le pouvoir accru des ARS

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Le SYMHOSPRIV regroupe des médecins de sensibilités diverses. Cette page laisse libre cours à leur parole indépendamment de toute consigne syndicale et /ou politique.

Responsables éditoriaux : Christian Sochala, Valérie Leclercq, Christophe Dieux, Bruno Sutter

 

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mise à jour : 4 septembre 2017




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